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BLAZING 09

ÉDITO
En cours…
Le Blazing N°08 s’étant
calé sur de bons rails, le N°09 ne pouvait que surprendre
par de nouvelles rubriques chères à l’underground.
Cette nouvelle édition s’ouvre à des sujets
dédiés exclusivement aux « Block Styles »
de tous bords, mais aussi aux stations graffées du réseau
métropolitain parisien. La suite du « Special
French Subway » se concentre sur un des acteurs principaux
du crew très fermé appelé MPV (Métros
Parisiens Violés) du bombeur que l’on nomme SEE.
Côté mur, une large place est faite au groupe MCZ
alias Montreuil City Zoo, basé sur la périphérie
Est de Paris. Nous découvrirons également la ville
de Cherbourg en Normandie, ainsi qu’un dossier complet consacré
au peintre CHILE, graffant lui aussi côté Est, mais
de la France, à Strasbourg.
Nous profitons de ces quelques lignes pour remercier tous les
lecteurs, peintres, comme dessinateurs qui supportent les valeurs
objectives de nos éditions fondées sur la structure
indépendante et intègre qu’est GRAFF IT PRODUCTIONS.
Sachez que « BLAZING » est votre magazine et
nous vous faisons, plus que jamais, confiance en vous permettant
d’accéder et de faire vivre l’actualité
du lettrage et de ses dérivés de la manière
la plus riche et la plus ordonnée. Notre futur dépend
de votre action présente ; alors bonne lecture à
tous et à très bientôt dans de nouveaux projets.
La rédaction.
Work in Progress…
The Blazing #08 was on good tracks. This
#09 edition could only surprise you through new underground subjects,
as the “Block Styles” one, or as the painted Parisian
metro stations subject. We follow our “Special French Subway”
report by showing productions of SEE, who belong to one of the
most hardcore Parisian crew MPV.
About the walls, a large focus is made on the MCZ group a.k.a
Montreuil City Zoo, based in the eastern suburb of Paris. You
will discover the Normand city Cherbourg, and a special file about
the writer CHILE, also coming from the east, but the east of France
(Strasbourg)/
We want to thank all the readers, painters, artists, drawers who
support our objective values based on our independent and honest
structure GRAFF IT PRODUCTIONS.
Just note that BLAZING is your magazine. We trust you, more than
ever, making you participate and live the writing actuality the
more powerful and organized way. Our future depends on your present
action: so enjoy this magazine; wishing to see you soon in new
projects.
Redaction
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GRAFF IT !22
ÉDITO
CARICATURE ?
« Certains dossiers ont
fait état de blessures graves et de séquelles irréversibles
(traumatisme crânien, fractures de bras, du nez, de dents
cassées, tympan perforé, lésions testiculaires),
et deux affaires ont concerné le cas d’étrangers
décédés dans l’avion à la suite
de gestes de contrainte excessivement prolongés »
Commission Nationale de Déontologie
de la Sécurité, Bilan des six premières années
de la CNDS, www.cnds.fr
« La liberté d’expression
constitue l’un des fondements essentiels d’une société
démocratique, l’une des conditions primordiales de
son progrès et de l’épanouissement de chacun.
(…) elle vaut non seulement pour les « informations »
ou « idées » accueillies avec faveur
ou considérées comme inoffensives ou indifférentes,
mais aussi pour celles qui heurtent, choquent ou inquiètent :
ainsi le veulent le pluralisme, la tolérance et l’esprit
d’ouverture sans lesquels il n’y a pas de « société
démocratique » »
Cour européenne des droits de l’homme,
7 novembre 2006 : N. Mamère c/ France
« Je préfère l’excès
de caricature à l’absence de caricature »
livrait récemment le ministre de l’intérieur
candidat. Cela n’a pourtant pas empêché le
procureur de la République de continuer les poursuites
engagées par Daniel Vaillant contre le dessinateur Placid
ainsi que le magistrat Clément Schouler, auteur du livre
« Vos Papiers ! Que faire face à la police ? »
(Syndicat de la magistrature, L’Esprit frappeur, 2001) et
leur éditeur. Le tribunal de Paris les avait relaxés
par jugement du 9 mai 2006, en considérant que l’auteur
« poursuivait un but éminemment légitime,
dès lors que l’ouvrage litigieux visait à
faciliter l’accès des citoyens à la règle
de droit et participait au contrôle démocratique
du bon fonctionnement des institutions publiques, et spécialement
de celles chargées de faire respecter la loi ».
Quant à la couverture, ici reproduite pour votre information,
elle relevait, selon les premiers juges, du « champ
largement reconnu à la liberté d’expression
du caricaturiste ». La Cour d’appel a jugé
le contraire 7 mois plus tard, en condamnant respectivement éditeur,
auteur et dessinateur à 1000, 800 et 500 € d’amende.
Le motif ? Il n’aurait pas été démontré
que « les contrôles d’identité au
faciès, bien que prohibés par la loi, sont non seulement
monnaie courante, mais se multiplient ». Et « si
le genre de la caricature admet la dérision, il ne saurait
pour autant autoriser des représentations dégradantes »,
le dessin de Placid témoignant « d’une
volonté délibérée de donner une image
à la fois humiliante et terrifiante de la police »,
« visée (…) dans son ensemble ».
Pour la Cour, un tel dessin était en contradiction avec
le style de l’ouvrage, par elle décrit comme un simple
« guide juridique ». Il nous semble pourtant
que lorsque l’on titre « que faire face à
la police ? », il ne peut s’agir d’un
traité de savoir vivre exposant comment se comporter face
à des fonctionnaires respectueux des droits des justiciables
mais bien d’un ouvrage rappelant aux citoyens qu’ils
ont des droits face à la police. Et si les saisines de
la CNDS ont augmenté de 30% de 2005 à 2006, ce n’est
pas simplement parce que des citoyens victimes d’abus savent
maintenant à qui les dénoncer mais, au premier chef,
parce qu’ils ont été victimes, n’en
déplaise aux syndicats qui voudraient voir leur ministre
faire taire cette institution.
La condamnation de Placid concerne tous
les artistes et, particulièrement, ceux qui interviennent
dans la rue, déjà frappés par la censure
et la répression, dont on se demande s’ils pourront
de nouveau peindre, à l’instar d’un ??????
des policiers à visage porcin pour dénoncer, en
Seine-Saint-Denis, les abus perpétrés par certains.
Et si les Bérus pourront continuer de chanter, déguisés,
« On en a marre des injustices / Et des embrouilles
de la police » (« On en a marre »,
Bérurier Noir, Invisible, 2006, FZM) sans être inquiétés,
ou s’il faudra attendre pour cela une nouvelle condamnation
de la France par la Cour européenne des droits de l’homme
pour restriction injustifiée à la liberté
d’expression ? Le 22 avril prochain, il vous appartiendra
de choisir un projet de société garant de cette
liberté, celle qui nous permet, jour après jour,
de vous livrer une information différente : Creez,
Mad et Sion, Gutter, Blanquet, les actions du collectif Une Nuit,
les photographies de camions de Grégory Gaydu, Improvisator
Dub, DJ Kentaro, Jamika et tous les autres qui composent ce numéro.
Bonne lecture et bonne réflexion
à tous.
Emmanuel Moyne
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